Le bel blog

Mon nouveau blog : https://juliesternblog.wordpress.com/

Mes éphémères poétiques sur Twitter : https://twitter.com/JulieSternBlog

Publicités

Le désir à l’épreuve du couple

Voici un texte que j’ai écrit il y a plus d’un an, mais que j’avais envie de partager avec vous, malgré toutes ses imperfections et les envies de rectifications que j’aurai envie d’y apporter.

hannes_kilian_katalog

Hannes Kilian

 

Comment voir son corps à travers soi-même ? Comment se représente-t-on par rapport à l’autre, par rapport aux autres ? Quelle image porter de soi en tant que femme ? Corps désirant, corps désirable. Comment savoir ce que l’on veut partager avec un autre corps quand on ne connaît le sien qu’à travers ce que la société veut bien nous en renvoyer ? Comment construire ses fantasmes, en dehors des carcans des films pornographiques, de l’image de mère, de l’image de sainte, de l’image fantasmée des hommes ? Comment s’approprier son corps au milieu de toutes les pressions autour de celui-ci ?

En tant que femme, comment est-ce que je construis mon image ? Comment est-ce que je me l’approprie, sans laisser les autres me la dicter ?

Tout d’abord, l’image de moi-même dans le couple.

Ensuite, l’image de moi-même seule, célibataire, dans le désir.

Pendant de longues années, j’ai pratiqué le couple hétérosexuel. Cette relation de couple me rassurait, car elle me permettait de ne jamais me sentir seule, d’avoir quelqu’un à qui je pouvais tout demander, tout faire subir, car notre amour était inconditionnel. Beaucoup de choses ne me convenaient pas dans les relations de couple que j’ai vécu, et pourtant je réitérais à chaque fois l’expérience. Pourquoi s’infliger un couple alors même qu’on n’en a pas envie ? Je pense que la peur de la solitude est primordiale dans ce choix. Mais pourquoi nous sentons-nous tellement seuls quand nous sommes face à nous même ? La peur de la solitude ne tient pas debout, puisque toutes les fois où j’ai été en couple et que je voyais l’autre pour ne pas me sentir seule, passée la période dite de « lune de miel », c’était souvent de l’ennui, ou au mieux un bon moment passé ensemble, mais où nous n’avions pas grand chose à nous dire, où les discussions n’étaient pas très intenses. Ca arrivait tout de même, je ne veux pas noircir le tableau, mais finalement, souvent, le temps passé ensemble n’était pas très stimulant. Mais je pense que c’est une peur qui reste et qui demeure chez tous les êtres humains, cette peur de la solitude, cette peur de se retrouver face à soi-même.

Il y a aussi, c’est certain, une norme sociale qui fait qu’on se met en couple. Surtout passé un certain âge, c’est louche de ne pas être en couple. Il y a l’image de la vieille fille qui est flippante. Et puis quand la plupart de ses amis sont en couples, il y a une pression sous-entendue à se mettre en couple, un décalage dans les discussions, dans les centres d’intérêts.
Et puis, en dernier lieu, on se met aussi en couple parce qu’on est amoureux, mais je trouve ça important de ne le citer qu’en dernier, car malheureusement, je crois que c’est souvent les deux premières raisons qui l’emportent, qu’on en soit conscient ou non.

Dans tout ça, comment est-ce que je construis mon image de femme ? Comment est-ce que je considère mon corps, mes envies, mes désirs ?

Je pense que le désir est une des facettes les moins évidentes à gérer dans le couple. D’abord parce qu’il touche à l’intimité, on n’arrive pas forcément à en parler à ses amis de la même manière qu’on pourrait parler de nos autres problèmes de couple, et ensuite parce que le désir de l’un ne se reflète que dans le désir de l’autre. Je ne sais pas s’il est possible d’arriver à s’entendre sur l’intensité du désir dans un couple non-exclusif. Alors quand c’est le cas, comment est-ce qu’on agit sur ça ? Si une des deux personnes est plus désirante que l’autre à un moment donné, comment est-ce qu’on peut gérer les attentes et les envies de l’un et de l’autre, sans que l’un se sente frustré, sans que l’autre se sente abusé ? Lorsque l’on ne voit pas souvent, en général ça va à peu près (je ne prend là en compte que les personnes qui n’ont pas vécu de traumatisme lié à la sexualité, parce que c’est mon cas), mais quand on partage un quotidien, est-ce qu’on peut avoir un désir quotidien pour un autre qu’on voit tous les jours ? Je pense que le désir s’estompe forcément avec l’habitude, et si le désir diminue dans le regard de l’autre, comment est-ce que moi je me considère ?