Médecin zombie et autres horreurs devenus réalité

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Il y a quelques jours, je suis allée chez le gynéco.

Une petite contextualisation s’impose : j’ai toujours préféré me tenir éloignée des blouses blanches et les dernières fois que je suis rentrée dans un cabinet médical, j’en suis sortie en jetant l’ordonnance et en préférant des traitements « naturels », huiles essentielles et autres petites potions magiques. Cette méfiance à l’égard de la médecine « traditionnelle » date de mon adolescence. Deux faits qui m’ont marquée : quand j’ai commencé à être végétarienne, je suis allée voir mon médecin de famille pour savoir s’il existait des examens pour vérifier que je n’avais pas de carence. En exagérant (que très légèrement) le trait, il m’a jaugé en me disant « si vous ne voulez pas avoir de carences, mangez de la viande ». Quelques mois plus tard, je vais consulter un autre médecin généraliste parce que ça ne va pas fort. J’ai 16 ans, je déprime un peu. Jusqu’ici rien de grave. Je sors après 5 minutes d’entretien avec une ordonnance pour des anxiolytiques. Heureusement que ma mère était là pour me dire que ça n’allait me faire que du mal et que je ne devais pas les prendre.

Bref, depuis cette époque, je suis devenue très méfiante, et n’étant jamais malade, je n’ai que peu d’occasions de franchir la porte d’un cabinet médical. Sauf qu’il y a trois ans, je me suis faite poser un stérilet. Par – encore – un autre médecin par lequel je ne me suis pas sentie respectée, et qui m’a fait atrocement mal. Je n’étais donc pas retournée faire vérifier mon stérilet depuis, et ayant plus mal qu’habituellement, mon amoureux m’a encouragée à prendre rendez-vous. En fait il a même pris rendez-vous pour moi, tant j’étais en état de procrastination, en mode « je ne veux pas qu’un médecin que je ne connais pas et en qui je n’ai pas confiance me touche, oui mais j’ai peur d’avoir quelque chose et que ça s’aggrave si je ne fais rien ».

C’est comme ça que je me suis retrouvée chez un nouveau gynéco que je ne connaissais pas du tout, boostée à bloc, avec l’espoir que – les miracles existent peut-être – j’allais trouver une perle. Raté. Rendez-vous à 8h30, je ne suis pas réveillée et mon vagin non plus. De bonne humeur, j’explique le plus clairement possible au médecin ce qui m’amène et mon parcours gynécologique. J’y insère, comme je fais toujours et comme je soutiens qu’il est normal de faire, mes angoisses personnelles, mes doutes, mes peurs à propos du fait qu’il m’ausculte alors qu’avec le dernier médecin ça s’est très mal passé. Il ne relève pas. Il est très bref, pose ses questions, remplit son petit dossier. Plus en présence avec son ordinateur qu’avec sa patiente. Mais mon positivisme n’ayant pas de limites, je me dis intérieurement qu’il a l’air doux et que ses gestes seront peut-être plus agréables que la conversation.

Il me demande d’aller me déshabillée. Je me retrouve dans une pièce sans lumière, avec une machinerie digne d’un mauvais film de SF. Je pose maladroitement mes affaires sur une chaise dans un coin. Nue comme un ver, je garde mon tee-shirt par pudeur. De l’autre côté, il me pose une nouvelle question. Ne l’entendant pas, je suis obligée de traverser la pièce et de m’approcher pour lui répondre. Là, ça y est, je n’ai plus confiance, si tant est que j’ai eu confiance un seul instant. Comment peut-on se permettre de faire traverser la pièce à sa cliente nue juste pour remplir un formulaire qui aurait pu attendre la fin de la consultation ?

Je m’allonge sur la table, mets les pieds dans les étriers. Il m’insère le spéculum, commence à insérer l’espèce d’appareil en forme de gode géant qui lui sert à faire l’échographie. Je lui demande de préciser ses gestes, il le fait, brièvement et sous la contrainte. Puis il ne dit plus rien, prend ses mesures, regarde ses machines, je me sens réduite à mon corps, je n’ai plus qu’à subir. Il me palpe ensuite les seins, de manière très virulente, et enfin, je peux respirer, c’est fini.

On se rassoit, il m’explique que tout va bien, qu’il n’y a aucun souci avec le stérilet. J’insiste sur la raison de ma venue : j’ai très mal aux ovaires ces derniers temps, beaucoup plus qu’avant. Il me dit que ça peut être dû au stress, et me prescrit un traitement hormonal pour m’apaiser. Ayant choisi une contraception au cuivre pour éviter les hormones dans mon corps, je lui demande s’il n’y a pas des effets secondaires. Il me répond à côté, me disant que c’est le traitement qu’on prescrit aux jeunes filles qui ont leurs premières règles. Ok. Et là, summum « par contre, fumer a des effets secondaires ». Heu…

– Oui, je sais, mais je ne suis pas venue vous consulter pour cette raison.

– Non mais je le dis, sinon mes patientes se plaignent que je n’en parle pas assez.

– Là n’est pas la question, j’ai l’impression que vous me jugez sur le fait que je fume, et je ne suis pas venue à propos d’un problème avec le tabac, et si c’était le cas, je n’irais pas consulter un gynécologue.

– Je ne vous juge pas.

Il a dit ça alors qu’il avait déjà fait deux réflexions à propos du fait que je fume avant celle-ci, la goutte de trop qui m’a fait explosée… La consultation s’est achevée, il m’a facturé 75 euros, et je suis partie, en colère. Parce que je n’ai pas trouvé la solution à mon problème, parce que je me suis faite jugée par quelqu’un qui est censé être intègre, parce que je suis encore allée chez le médecin en jetant l’ordonnance en sortant, parce qu’il est anormal que le corps médical ne nous considère que comme une machine à réparer alors qu’on sait combien la plupart des maladies sont psycho-somatiques.

Peut-être que ce témoignage est inutile, mais j’ai besoin de le partager, de savoir si je suis la seule à me sentir si démunie quand je suis obligée d’aller consulter un médecin. En attendant, je vous conseille grandement de lire l’excellent livre de Martin Winckler, Le chœur des femmes, et d’aller consulter son site web. Martin Winckler est médecin et s’attache à rendre disponible les informations sur la contraception et à informer les femmes sur leurs droits lors d’une consultation gynécologique. Sinon, pour celles qui souffrent comme moi lors de leurs règles, procurez-vous de l’huile essentielle de sauge sclarée, qui est un régulateur naturel d’hormones. En massage sur le bas ventre (mélangée avec de l’huile végétale) en prévention et lors des crises, elle évite que je m’arrache les ovaires lors des pics de douleur.

Photo trouvée sur http://www.palimadaily.com/remove-warts-naturally/

Plus jamais ça (Première partie)

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Voilà bien longtemps que j’ai envie d’aborder le sujet, qu’il tourne et retourne dans ma tête sans prendre consistance, et qui, aux vues des événements récents, s’est fait de plus en plus concret dans ma petite caboche.

Cela fait un bout de temps que je suis féministe, c’est une idéologie qui m’a beaucoup aidée à surpasser des relations de dominations quotidiennes que j’ai subi, qui m’a aidée à m’affirmer, qui m’a aidée à mieux vivre mes relations avec les hommes. Et puis je m’en suis séparée du féministe, pas qu’il y ait eu une rupture ou quoi que ce soit, mais parce qu’après la théorie, vient la pratique, et il est parfois nécessaire de se détacher un peu des beaux discours utopiques pour voir notre résistance au quotidien. J’ai continué à m’y intéresser de loin, à prêcher les vertus du féminisme. J’ai aussi perdu beaucoup d’innocence, beaucoup d’ingénuité, c’est le sort de ceux qui acceptent de regarder la réalité : l’ignorant est le plus heureux des hommes – l’ignorante est la plus heureuse des femmes. Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière. Hahaha.

Et puis au fur et à mesure du temps qui passe (que dis-je, qui vole), j’ai oublié de plus en plus la théorie, et aujourd’hui, je ressens plus que jamais le besoin de théoriser ce que j’ai vécu, pour pouvoir le dépasser, pour ne pas me laisser rouler dans la boue mais faire de mon expérience une arme de destruction massive de tous ces comportements que je ne veux plus jamais accepter.

Posons les bases : je suis une personne à l’aise avec son corps, qui aime les expériences et qui aime le sexe. J’estime que j’ai vécu un panel de relations assez large, avec un net changement de avant-après ma prise de conscience féministe. Parce que quand on décide de s’écouter, d’écouter ses désirs, de faire du sexe parce que ça nous fait plaisir et non pas pour faire plaisir, ça change beaucoup de choses. Essentiellement, je dirais que le féminisme a changé ça. Le rapport à mon propre désir, à mon propre plaisir, ma capacité à décider pour moi. Au moment de cette prise de conscience féministe, je vivais une relation qui m’a beaucoup aidée à aller de l’avant : une relation amicale avant tout, basée sur la confiance et l’écoute, surtout. Pouvoir tout se dire, ne pas laisser les non-dits ou les malentendus s’immiscer dans le couple, oser dire non, et parler, parler, de nos craintes, de nos envies, de nos peurs, de nos rires, avec comme unique règle l’honnêteté et le respect de l’autre. Cette belle relation s’est terminée, mais cette rupture, au lieu de m’attrister, m’a permis d’aller de l’avant avec ces bases toutes neuves, toutes belles. J’ai rencontré quelques amoureux sur ce chemin naissant, avec qui j’ai pu recréer cette confiance saine. J’ai rencontré mon amoureux aussi, avec qui nous construisons chaque jour notre histoire, pierre après pierre, relevant toutes les difficultés par notre capacité à dire, à se dire, par notre capacité à ne pas avoir peur de tout dire, de tout entendre. Et même si ce n’est pas tous les jours facile, ce nouveau chemin me permet de me sentir plus libre, plus en adéquation avec moi-même. Et pourtant…

…A suivre…

La philosophie du pire

 

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Vous connaissez la philosophie du pire ? Non ? Moi non plus, peut-être que ce concept existe et qu’il signifie quelque chose de tout à fait différent de ce que je m’apprête à avancer. Mais je trouvais que ce nom collait bien avec ce que je vous propose aujourd’hui.

Imaginons. Imaginons une personne lambda, que, pour des raisons de commodités, nous désignerons par le doux nom de K. Disons que K. est d’humeur relativement stable, plutôt jeune, plutôt épanouie. Disons que K. habite avec d’autres individu-e-s, avec qui elle cohabite sans problème majeur.

Bien. A présent, imaginons que K. ait passé une mauvaise nuit. Le réveil est difficile, le corps tire, la tête fait mal, l’humeur est douteuse. Incontestablement, le sommeil n’a pas été réparateur.

A partir de ce fâcheux commencement, supposons deux scénarios :

  1. K. se lève difficilement, mais par chance, en arrivant dans la cuisine, ses colocataires, debout avant elle, ont préparé le petit déjeuner. Au menu : café, jus d’orange maison, tartines de pain frais. Après un bon repas, K. se sent déjà mieux, et une bonne et longue douche chaude achève de la réveiller. Ça tombe bien, K. a prévu d’aller faire du sport avec une amie. Piscine, sauna, hammam, le programme idéal après une mauvaise nuit de sommeil, qui plus est accompagnée d’une amie de confiance, qui la fait rire et lui fait oublier les derniers petits résidus de ce mauvais moment matinal. K. est de nouveau égale à elle-même et le réveil difficile quelques heures plus tôt n’est déjà plus qu’un mauvais souvenir.

  1. K. se lève difficilement et à peine debout, son pied heurte le pied du lit. Alors qu’elle s’égosille de douleur, la voisine du dessus, cette mégère, lui crie de la fermer. En boitillant, elle rejoint la cuisine. Par malchance, ses colocataires, debout avant elle, ont terminé le dernier paquet de café et il n’y a plus de pain. A ce moment-là, sa coloc lunatique, qui est dans un mauvais jour, entre dans la cuisine, passe sans la regarder, et ne daigne pas répondre à son bonjour. Notre protagoniste, un peu dépitée, ne renonce pas pour autant et se figure qu’une longue douche chaude sera d’un bon secours. Mais pas de chance, le chauffe-eau était vide, et K. est obligée de se laver en vitesse car l’eau est glaciale. Une fois lavée, tant bien que mal, son téléphone sonne. Son amie a un contre-temps et appelle pour annuler leur séance de sport du jour.

Vous voyez où je veux en venir ? Vous savez, le fameux proverbe qui dit qu’un malheur n’arrive jamais seul ?

Aujourd’hui, c’est dimanche et je suis dans un jour « pire », tout va de travers, rien ne fonctionne comme je voudrais, j’ai envie de me rouler dans ma couette et de pleurer à chaudes larmes comme quand j’étais petite, que ma maman venait me consoler et qu’un bonbon suffisait à changer la couleur de ma journée.

Mais j’ai 27 ans, l’enfance est loin, et personne ne vient plus me consoler depuis longtemps.

Heureusement, j’ai 27 ans, et j’ai un barda suffisamment conséquent pour savoir que s’il y a les jours sans, les jours où on voudrait juste retourner sous la couette et attendre que ça passe, il y a aussi les jours avec, les jours qui commencent bien et qui ne font que s’améliorer au fil de la journée, ces jours magiques où on se sent invincibles et où on a pas assez de dents pour croquer la vie.

Et surtout, surtout, il y a tous les autres jours, les jours ni avec, ni sans, les jours qui dépendent beaucoup de ce qu’on décide d’en faire, et ceux-là ce sont les meilleurs, parce qu’on prend conscience que le bonheur, c’est avant tout un état d’esprit.

Green !

Comme vous ne le savez sans doutes pas, j’ai un nouveau jouet depuis très peu, un joli Nikon Brige (le Coolpix P520, au cas où ça vous intéresserait), mon Compact avait fait son temps, comme je vous le racontais récemment dans mon article Sur les pas de Rosalía. Pour honorer sa mémoire et sa grande fidélité, j’ai ressorti du placard cette série de photo.

J’aime ces photos, car elles me rappellent un ancien chez moi lointain, où elles étaient affichées au mur… Une époque révolue, beaucoup de chemin a été parcouru depuis.
J’aime ces photos, prises entre 2008 et 2010, car je me souviens de chaque état d’esprit qui m’animait au moment de la prise de vue, de chaque endroit, de chaque moment.
J’aime ces photos, enfin, car le vert y est à l’honneur, et le vert, ça pétille. Le vert, c’est la couleur de l’espoir, la couleur de la nature, et puis, c’est la couleur de mes yeux, mon ouverture sur le monde.

Alors voilà, un article tout en photos pour colorer votre journée (ou pas, c’est vous qui voyez !)

Playlist : Nouvelle Vague – Fade to Grey (admirez la contradiction !)

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De la rectilinéarité des courbes (et vice-versa)

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Il pleut.

 

Des semaines que le bleu du ciel semblait comme encré à tout jamais, on s’habitue si vite à ce que le soleil fasse partie du décor, et puis pouf, en un rien de temps, la météo est capable de te rappeler une des leçons essentielles de la vie : rien n’est jamais acquis.

Malheureusement, la météo n’est pas seule à me donner des leçons. Ces derniers, ça a été, si je peux dire, plus que chaotique dans ma vie. La dépression qui revient en vague, la joie qui éclate, le désespoir qui me prend à la gorge, l’instant présent toujours au cœur, comme un baume contre toutes les blessures du temps qui passe et court.

En ce moment, j’ai envie de chanter à tue-tête dans la rue, j’ai envie de danser, de crier, de m’évader, j’ai envie d’aller me rouler dans les champs, de « hacer la croqueta » sans penser à rien, sauf peut-être aux crottes de chien que je pourrais rencontrer dans l’herbe (c’est fou comme vivre dans une grosse ville vous conditionne le cerveau, herbe = crotte de chien). J’ai envie d’écrire de la poésie, de faire du théâtre, de prendre des photos, d’écrire, d’écrire, d’écrire des choses belles, que les mots transcendent la page et qu’ils atteignent l’émotion juste, qu’ils touchent l’instant.

En ce moment, je suis en période d’examen, je ne chante pas (sauf sous ma douche, faut pas déconner quand même), chaque jour me trouve immobile sur ma chaise à écrire des tonterías pour valider mon semestre. Chaque jour me trouve dans la même position, qu’il pleuve, que le soleil irradie la ville, que j’ai envie de courir, de rire ou de chanter, peu importe.

Le corps immobile, la tête qui crie, mais personne pour l’écouter. J’aime apprendre, j’aime étudier, mais décidément, passer la journée assise ce n’est pas fait pour moi. Peut-être dans quelques années, peut-être dans quelques milliers d’années, là-bas, dans le futur, quand je serai fatiguée et que mon corps sera usé, alors ma tête sera mon recours, et je prendrais plaisir à exercer cette capacité incroyable de l’être humain qui, sans bouger le petit doigt, peut faire bouger tant de choses en lui. Pour l’instant, mon corps réclame le mouvement, ma tête, qui me fait mal en permanence, réclame un peu de repos, bref, tout le monde est d’accord là dedans pour dire qu’il est temps de changer radicalement le quotidien, les habitudes, les bonnes comme les mauvaises, faire table rase du passé et recommencer. Recommencer chaque fois autrement, chaque fois mieux, ou pire, mais différemment, apprendre de ses erreurs, sourire à ses réussites, et savoir que ça ne durera pas.

 

Le soleil a chassé la pluie. L’air frais du matin pénètre ma petite chambre obscure.

Playlist : The Kills – Gypsy Death and You

Sur les pas de Rosalía…

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Trois jours seulement pour visiter cette magnifique région qu’est la Galice, avec des guides hors pair… Trois jours de découvertes, de visites, de marche, de partage, de discussions. Me voici pleine d’énergie et de force pour vous raconter ces quelques instants hors du temps.

Arrivée vendredi après un voyage de 6 heures en covoiturage, qui reste le moyen le moins cher et le plus efficace de voyager en Espagne, le stop ne marchant que très peu et le train étant très cher, j’arrive à Vigo, ancienne ville industrielle au bord de l’Atlantique. A peine le temps d’avaler un café pour reprendre des forces que nous repartons en bus pour A Guarda, petite municipalité frontalière avec le Portugal. Un ami vient nous récupérer en voiture, et nous partons visiter le castro de Santa Trega, un site archéologique magnifique où l’on peut voir les restes des habitations des populations celtiques remontant à l’âge de fer. Situé au sommet d’une montagne, le site de Santa Trega donne une vue imprenable d’un côté sur le fleuve Minho, qui sépare A Guarda de la ville portugaise de Caminha ; et de l’autre sur l’Atlantique. Nous arrivons à l’heure où le soleil est bas sur l’horizon, et la lumière est incroyable.

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Nous redescendons ensuite pour nous aller visiter l’ancienne forteresse de A Guarda, dont il ne reste pas grand chose si ce n’est un joli mur de pierre, et une vue sur quelques maisons résidentielles au bord de l’Océan. Nous avons la chance d’arriver à l’heure où le soleil se couche dans une douce lumière rosée. Nous partons ensuite au centre ville, où nous apercevons la dernière procession de la semaine sainte (flippant…). Des amis nous rejoignent et nous allons boire un coup dans un petit bar en face du port. Nous reprenons la route de nuit, pour rejoindre Tomiño, une petite commune à côté de A Guarda, où vivent les ami-e-s qui nous hébergent. Nous arrivons dans une maison incroyable : spacieuse, terrasse avec vue sur le Portugal, piscine, potager bio, chambres pour tout le monde, le grand luxe ! Nous cuisinons en refaisant le monde, puis, après un succulent repas, je vais dormir du sommeil du juste, épuisée du voyage et des acrobaties cérébrales pour comprendre nos hôtes qui parlent en galicien.

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Le lendemain matin, un temps froid et nuageux nous attend, mais nous partons joyeusement randonner sur les chemins des molinos de Folón y de Picón, 70 moulins datant du XVIIe siècle, qui étaient utilisés pour faire la farine de blé, de sarrasin ou de maïs. Le site est incroyable, les moulins rénovés se découvrent au fur et à mesure du chemin, les cascades qui permettaient de faire tourner les moulins se dessinent sur un paysage incroyablement vert, entre les arbres et les pierres qui bordent le chemin. Malheureusement, la forêt a brûlé il y a quelque temps, et une grande partie du chemin est encore noir de cendres. Après cette ballade revigorante, nous rejoignons en voiture Vila Nova, première ville portugaise à la frontière. Nous nous promenons dans une ville animée en ce samedi après-midi, et nous achetons quelques victuailles dans un petit marché : olives, pâtisseries traditionnels, boules de pain blanc à 40 centimes pièce (!) … Nous rentrons ensuite chez nos hôtes pour déjeuner les produits du marché et du jardin : salade de roquette, laitue et feuilles de moutarde, un délice ! C’est déjà la fin de l’après-midi et nous retournons à Vigo en voiture pour aller à une présentation-débat sur le fléau des OGM en Amérique du Sud, animé par une journaliste argentine activiste dans la lutte pour la dénonciation des multinationales qui injectent les pesticides sans vergogne sur des milliers d’hectares à côté d’habitations où, depuis le début du traitement il y a 20 ans, les cancers et les maladies se sont multipliés à vitesse grand V dans la population. Trop fatigué-e-s pour continuer la soirée en ville, nous rentrons dans notre nouveau pied-à-terre à Vigo, chez les parents d’un ami. Nous cuisinons, faisons de la peinture, allons promener Toy, le chien fou, et nous nous couchons tôt, tou-te-s épuisé-e-s de fatigue.

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Le dimanche, il pleut mais nous allons malgré tout visiter un peu Vigo, dont le centre ville est à la fois très beau, regorgeant de vieux bâtiments, mais triste, car ceux-là sont abandonnés, ou livrés à la gentrification. Nous profitons que le soleil pointe le bout de son nez pour filer à la plage, ou malgré le froid, je retire mes chaussures pour profiter de la caresse du sable sous mes pieds, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de fouler le sable de l’Atlantique !

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Ainsi se termine mon petit séjour en Galice, magnifique région où j’essayerai de retourner en Juin pour un peu plus de temps, car peut-on dire que l’on connaît la Galice quand on n’a pas vu Saint-Jacques-de-Compostelle ?

P.S. : désolée pour la qualité des lamentable des photos, mon appareil est vraiment merdique et je n’ai pas eu le temps de retravailler dessus….

Bande sonore : Ana Moura – Desfado

Printemps VS relous

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Quand on a envie de crier et que rien ne sort, reste l’écriture… L’écriture amie, l’écriture refuge. Les mots pour pousser un coup de gueule, parce que j’explose intérieurement. Depuis quelques jours, c’est le printemps à Madrid. Les oiseaux gazouillent, l’odeur des fleurs pénètrent la douceur des fins de journées, chaque déplacement semble embelli par les rayons du soleil.

Le paradis me direz-vous ?

Ca pourrait l’être, mais malheureusement j’ai trouvé plus insistants que les moustiques qui viennent chanter leur rengaine aiguë à mes oreilles, plus collants que les premières mouches de la saison, plus étouffants que la chaleur du soleil un plein août à midi… Mesdames et messieurs, je vous présente… Les relous pervers ! Oui, parce que le retour des beaux jours, c’est aussi le retour, il faut croire, de tous les lourdingues qui, aux premiers signes du printemps, retrouvent leur instant animal de copulation, et tels des pigeons faisant la cour à madame pigeon ; ils déboulent sans qu’on s’y attende de tous les coins des rues madrilènes pour venir roucouler leurs conneries à nos oreilles. Et ce premier vendredi de printemps, qui s’annonçait si agréable, s’est transformé en une course contre la montre pour atteindre mon appart’ pour m’échapper de leurs tentatives de drague intempestives alors que je voulais juste boire un coup tranquille avec des amiEs. Mais non, apparemment, quand tu es une fille jeune et pas trop moche, t’as pas le droit à cette tranquillité au soleil. T’as pas le droit d’avoir juste envie de marcher tranquille dans la rue. Et ces agressions subtiles et répétées, je veux dire, l’agression est à peine perceptible tant les mots sont enrobés de sucre glace et de mièvreries, m’ont juste fait rentrer plus vite chez moi en rageant d’être du sexe féminin, en rageant sur ce monde de merde où tant de personnes de la gent masculine sont incapables de comprendre que NON ça ne nous fait pas plaisir d’être coupées dans une conversation pour se faire traiter de « bonita » ou de « guapa », que NON ça ne nous fait pas plaisir de perdre notre temps à expliquer où se situe telle rue pendant qu’on se fait passer au scanner de la tête au pied, et que NON ça ne nous fait pas plaisir de changer de trottoir et de mettre son lecteur mp3 à fond pour ne pas entendre les commentaires fait à notre égard. Ces moments-là me rendent phobique, je me sens déchirée : mon envie et mon désir de sortir, de profiter, d’investir la rue sont contrariés par quelques pauvres mecs qui croient que je suis de la viande fraîche et qui me refusent le droit à la tranquillité dans les espaces publics. Je me sens contrainte à rentrer chez moi et à m’enfermer alors que je n’en ai pas envie, juste pour me sentir en sécurité, là où je sais qu’aucun de ces cons ne pourra mettre les pieds. Je suis en colère, contre tous les mecs qui se permettent de ruiner ainsi le bien être et la tranquillité des autres, mais je suis aussi en colère contre moi-même, contre mon incapacité à réagir à toutes ces agressions et à me sentir salie alors que BORDEL, je voulais juste profiter d’une belle journée au soleil.

Plouf

ya estas perdido

Je nage dans l’incertitude. Tout se casse la gueule. L’incertitude fait partie de ma vie, le doute sur mon avenir a toujours été présent, mais ces dernières années, mes études étaient ma tanière, ma sécurité, je savais où j’allais, au moins à ce niveau-là. Et me voilà à cinq mois de finir mes études, avec comme seul point de repère un énorme point d’interrogation qui me nargue. Pas de projet d’étude, encore moins de travail, aucune idée d’où je vais vivre et avec qui, pas d’amoureux, pas de thune. Le grand vide. J’ai toujours fuit le trop plein de sécurité, l’engagement sur le long terme, parce que je suis avide de découverte et d’expériences nouvelles, parce que la fixité m’angoisse. Se lever tous les matins en sachant à l’avance de quoi serait faite la journée à venir, et la suivante, et la suivante encore, a toujours déclenché chez moi des sueurs froides. Oui, mais là, le grand vide m’oblige à me confronter à ce que je déteste le plus au monde : prendre des décisions. Toutes les possibilités sont ouvertes, je peux aussi bien choisir d’aller faire du patin à glaces à Pétaouchnok que d’aller vendre des chouchous à Saint Trop’, alors voyez-vous tout ça me laisse un peu perplexe. Dans ces cas-là, les gens de bons conseils vous rassurent en vous incitant à prendre une année sabbatique, pour réfléchir qu’ils disent. Sauf que bon, j’ai bientôt 27 ans, un bac+5 qui ne me promet aucun job à la clé, un colossal ras-le-bol de faire des tafs de merde pour survivre, et que dans un an, la situation sera la même sauf que j’atteindrais les 28 ans. Autrement dit, une année sabbatique sonne dans ma tête comme une année de plus à être paumée.

Mais alors, que faire de moi ?

Ya estás perdido, se trata de encontrarte y solo estás dentro de ti
Existe el amor lo demás no es real
Uno es aquello que es su atención
Ama hasta que te duela
No basta ser sino existir

A présent tu es perdu, tu dois te trouver, tu es seul en toi
L’amour existe, le reste n’est pas réel
Chacun est selon l’attention qu’on y porte
Aime jusqu’à ce que ça te fasse mal
Il ne suffit pas d’être, il faut exister

Mes désirs sont désordre…

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Klaus Kampert – Abstraction du corps

Lorsque je n’écoute pas mes désirs, ils ressurgissent dans mes rêves et m’obligent à les prendre en considération, à les affronter. En ce moment je fantasme à peu près sur tout ce qui bouge. Envie de nouveauté, ou plus exactement de découvertes, besoin de me sentir vivante, de dépasser les limites du connu dans ma sexualité.

J’ai beaucoup rêvé d’amour libre ces dernières années. L’amour et la sexualité multipliés au gré des envies, la fidélité du cœur plutôt que celle du corps. Respecter mes désirs au moment où ils arrivent. Ne pas me limiter au rassurant, au connu. Tout ça c’est bien joli en théorie, mais lors de la pratique, ça se complique. Mon caractère anxieux et jaloux VS mon caractère spontané et libéré.

J’ai été dans de longues relations exclusives, dans des courtes aussi, dans une longue relation exclusive qui a dérivé en relation non-exclusive, et dans pas mal de courtes. Quel bilan pourrais-je en tirer ? Et bien, que ce n’est pas simple. Ce qui ce rapprocherait le plus de mon « idéal » de relation, c’est mon unique longue relation, non-exclusive sur la fin. Mais. Mais, bien que très amoureuse, et bien que cette non-exclusivité ait été choisie, mon partenaire était peut-être la pire personne au monde pour « tester » une relation non-exclusive, qui nécessite une totale confiance en l’autre (et en soi, mais je vais passer sur ce trait, sinon on en a pour la nuit) et une communication efficace et bienveillante. Même si les torts sont partagés, ce qu’il en ressort après réflexion c’est que je n’ai jamais eu confiance en cette personne, et pour cause : elle a tout fait pour me laisser dans le doute, parce que le doute et le désengagement la rassurait.

Après un tel échec, j’avais perdu tout espoir en une relation libre. Mais aujourd’hui, en couple depuis un petit moment, cette idée a refait son chemin dans ma tête, parce que malgré tout le négatif que je peux entendre sur ce type de relation, j’y crois encore dur comme fer, et je crois que c’est l’unique manière de m’épanouir en couple sur du long terme. Pour citer Daria, que je regarde sans relâche en ce moment, et adapté à ma situation : si tu enfermes un papillon entre tes mains, il mourra. Mais si tu le laisses voler, et qu’il vient se poser sur toi, alors il t’appartient réellement. (Bon dans la série, c’est la théorie que la mère de Jeanne applique à ses enfants, et ça ne marche pas du tout, mais ne soyons pas défaitiste !) (dans la même veine je vous conseille très vivement, dans mes favoris ever, la magnifique chorale Si Bemol et 14 demis qui chante Txoria Txori, un chant basque libertaire, avec la traduction en français. C’est ici. (Il faut attendre un peu avant qu’ils ne la chantent en français, 2/3mn, mais promis ça vaut le coup, et c’est magnifique en basque aussi t’façons) (ok, c’est la dernière digression, j’arrête!)

Je crois qu’on est tous différents dans nos besoins et dans nos désirs, mais qu’on est aussi extrêmement influencés par une norme (à l’hétérosexualité, au couple, à l’exlusivité, etc.). Alors, si on ne fait pas des tests, même s’ils ont de grandes chances d’échouer, on ne trouvera jamais la « formule » qui nous convient à un moment donné de notre vie ; et si j’ai appris quelque chose de ces dernières années à traîner mes godasses dans le coin, c’est qu’il est important de s’écouter et de se respecter le plus possible, parce qu’on vit dans une société suffisamment normative pour qu’on ne se pose pas, en plus, nos propres barrières.

Playlist radiophonique : Vos désirs sont mes nuits – La bisexualité, tout un art !

Bon anniversaire !

Ouais, c’est une date anniversaire aujourd’hui… Un mois sans publier, ça se fête non ?

Je n’ai pas abandonné mon blog, loin de moi une telle idée, simplement il y a eu les fêtes, les vacances, et maintenant les partiels… Et j’en ai encore pour 2 semaines à réviser d’arrache-pied pour tenter de valider mon semestre !

Et ensuite, je vous pondrais un article en bonne et due forme ! Pour vous faire patienter, voici une petite chanson qui tourne en boucle dans mes oreilles en ce moment :

Bonne écoute et avant que j’oublie… Feliz 2014 !